EQUILIBRE DU MILIEU INTERIEUR
EQUILIBRE DU MILIEU INTERIEUR. Dr Frédéric ETHUIN Anesthésie-Réanimation. PLAN. INTRODUCTION (définitions) L’EAU LE SODIUM LE POTASSIUM LE pH Les autres ions (calcium, phosphore, magnésium) ne seront pas traités. PLAN. INTRODUCTION (définitions) L’EAU LE SODIUM LE POTASSIUM LE pH.
EQUILIBRE DU MILIEU INTERIEUR
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EQUILIBRE DU MILIEU INTERIEUR Dr Frédéric ETHUIN Anesthésie-Réanimation
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH • Les autres ions (calcium, phosphore, magnésium) ne seront pas traités
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH
INTRODUCTION • Chez les organismes pluricellulaires, les cellules baignent dans un environnement liquide, s’interposant entre le milieu extérieur proprement dit et le milieu intra-cellulaire • Environnement liquide = milieu intérieur (Claude Bernard) essentiellement le sang et lymphe
INTRODUCTION • Stabilité du milieu intérieur (homéostasie) est une condition essentielle à la Vie, grâce à : • équilibre hydrique • équilibre électrolytique • équilibre acido-basique
INTRODUCTION • Osmoles : molécules osmotiquement actives dans une solution, càd, qui exercent un pouvoir d’attraction des molécules d’eau (pression osmotique) • 5 mmol de glucose dans 1 l d’eau = 5 mosm/L • 5 mmol de NaCl dans 1 l d’eau = 5 mosm de Na+ + 5 mosm de Cl- = 10 mosm/L • Osmolarité plasmatique : quantité d’osmoles par litre de plasma (eau plasmatique + protides + lipides) (mOsm/L) • Osmolalité plasmatique : quantité d’osmoles par litre d’eau plasmatique (mOsm/kg) = 290 mOsm/kg
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH
L’EAU : Répartition Eau totale 60% du poids corporel , répartie dans • Compartiment intra-cellulaire 40% du poids du corps • Compartiment extra-cellulaire 20% du poids du corps • eau plasmatique 5% (eau contenue à l’intérieur des vaisseaux) • eau interstitielle 15% (au contact des membranes cellulaires, séparée de l’eau plasmatique par un endothélium) Eau
L’EAU : Répartition Eau totale 60% du poids corporel , répartie dans • Compartiment intra-cellulaire • Compartiment extra-cellulaire • Compartiment trans-cellulaire 1,5% (transport actif de liquide extra-cellulaire séparée de l’eau plasmatique par un épithélium : sécrétions du tube digestif et de ses annexes, lymphe, LCR). Peut constituer un "troisième secteur" : ascite (insuffisance hépatique, occlusion intestinale, péritonite, pancréatite), pleurésie...
K+ L’EAU : Mouvement • L’eau diffuse librement entre les compartiments extra- et intra-cellulaires selon la loi de l’osmose = transfert passif du compartiment à faible concentration d’osmoles vers celui à forte concentration d’osmoles • La pression osmotique est principalement assurée • par le potassium (K+) en intra-cellulaire • par le sodium (Na+) en extra-cellulaire
L’EAU : Mouvement • Dans des conditions physiologiques, l’osmolalité des liquides extra-cellulaires est égale à l’osmolalité des liquides intra-cellulaires • Toute modification de l’osmolalité extra-cellulaire va entraîner des mouvements d’eau pour rétablir l’équilibre • hors des cellules quand l’Osm plasm augmente = déshydratation intra-cellulaire • vers les cellules quand l’Osm plasm diminue= hyperhydratation intra-cellulaire
L’EAU : bilan Entrée/Sortie • Entrées : • boissons et alimentation = 2000 ml / 24h • eau endogène issue de l’oxydation des glucides/lipides/protides = 300 ml / 24h • Sorties : • digestive (fécès), pulmonaire (vapeur d’eau expirée), cutanée (perspiration, sudation) • rénale (diurèse) : ajustable (phénomène de concentration ou dilution des urines), de façon à obtenir un bilan hydrique nul, assurant une osmolalité plasmatique constante
L’EAU : régulation Entrée/Sortie • Entrées : la soif • Récepteurs sensibles à une augmentation de l’osmolalité plasmatique au niveau de l’hypothalamus • Sorties : l’hormone anti-diurétique(ou vasopressine) • Produite par l’hypothalamus et sécrétée par la post-hypophyse, en réponse • À une augmentation de l’osmolalité plasmatique (mise en jeu d’osmorécepteurs hypothalamiques) • À une diminution du volume plasmatique (mise en jeu de volorécepteurs de l’oreillette gauche) • En présence d’ADH réabsorption de l’eau et concentration des urines • En absence d’ADH excrétion d’eau et dilution des urines
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH
LE SODIUM (Na+) • Principal cation du compartiment extra-cellulaire. Concentration plasmatique (natrémie) = 140 ± 5 mmol/L • Importance +++ du Na+ dans le maintien de l’osmolalité plasmatique influe sur les phénomènes de contraction-inflation du volume cellulaire • Si hyponatrémie hypo-osmolalité plasmatique diffusion de l’eau vers • le secteur interstitiel œdème des tissus • le secteur intra-cellulaire • œdème cérébral = danger de mort !
OEDEME CEREBRALScanner normal œdème cérébral
Bilan Entrée/Sortie du sodium • Entrées : • boissons et alimentation : variable selon les habitudes alimentaires • Sorties : • digestive (fécès), cutanée (sudation) • rénale (natriurèse) : adaptable via l’excrétion de Na+ dans les urines de façon à obtenir un bilan sodé nul, assurant une osmolalité plasmatique constante
Régulation Entrée/Sortie du Na+ • Entrées : pas de régulation des entrées chez l’homme • Sorties : 2 facteurs hormonaux règlent la natriurèse • En la diminuant (qd hyponatrémie): l’aldostérone • Hormone minéralocorticoïde sécrétée par la corticosurrénale • Agit au niveau du rein en favorisant la réabsorption du Na+ vers le plasma (couplée à une sécrétion de K+ dans les urines) • En l’augmentant (qd hynernatrémie) : le facteur natriurétique auriculaire (FNA) • Hormone sécrétée par le cerveau et l’oreillette gauche • Inhibe la sécrétion d’aldostérone et augmente le débit de filtration glomérulaire (et donc de la perte en Na+)
HYPERNATREMIE Na+ > 145 mmol/l Clinique : signes de déshydradation intra-cellulaire : soif, fièvre, perte de poids, sécheresse de la peau et des muqueuses, troubles de la conscience, coma, convulsions signes de déshydradation extra-cellulaire (DEC) : tachycardie, hypotension, veines plates, oligurie (sauf si la polyurie est responsable de la DEC), pli cutané Signes de gravité: signes neurologiques (liés à la DIC), collapsus cardio-vasculaire (lié à la DEC) Réanimation
HYPERNATREMIE • Etiologies et traitement : interprétation / eau • Déficit d’apport en eau : vieillard, nourrissons, coma • Tt : réhydratation G2,5 ou G5% • Perte en eau > Na+: diurèse osmotique (glycosurie…) • Tt: ré-expansion volémique sodée + étiologique • Perte en eau pure: Diabète insipide hypothalamo-hypophysaire ou néphrogénique • Tt : réhydratation G2,5 ou G5% + étiologique • Apport en Na+ > eau: perfusion excessive de sérum salé, alcalinisation massive (NaHCO3), ingestion d’eau de mer • Tt : furosémide+ étiologique
HYPONATREMIE Na+ < 135 mmol/l • Clinique : signes d’hyperhydratation intra-cellulaire : nausées, vomissement, dégoût de l’eau, poids, fièvre, troubles de la conscience, coma, convulsions (œdème cérébral) • Signes de gravité: signes neurologiques, Na+ <120 mmol/l ou d’installation rapide Réanimation
HYPONATREMIE • Etiologies et traitement : interprétation / eau • Hyponatrémie de dilution (trop d’eau) • Gain en eau > Na+ : états œdèmateux : insuffisance cardiaque, cirrhose hépatique, insuffisance rénale, solutés hypotoniques Tt : restriction hydrosodée ± furosémide (si surcharge vasculaire) + tt étiologique • Rétention d’eau pure : SIADH, potomanie, intoxication par l’eau Tt : restriction hydrique + tt étiologique • Hyponatrémie de déplétion (pas assez de sel) • Perte en Na+ > eau : pertes rénales (néphropathie avec perte de sel, salidiurétiques, insuffisance surrénale), pertes extra-rénales (vomissement, diarrhée, fistules, aspiration digestive, 3ème secteur, brûlures) Tt : apport de sel (0,9% ou 10% 0,5 à 1g/h) + tt étiologique
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH
Le POTASSIUM (K+) • Cation intracellulaire majoritaire déterminant du pouvoir osmotique intra-cellulaire et donc du volume intra-cellulaire. • Répartition : • 98 % intracellulaire Kalicytie = 100 – 150 mmol/l (muscle +++, foie, hématies) • 2% extra-cellulaire : liquides interstitiels et plasma Kaliémie = 3,5 – 5 mmol/l • ! Prélèvement sanguin : pas de stase veineuse importante avec garrot, pas d’agitation brutale des tubes, sinon fausse hyperkaliémie • Dyskaliémie importante = Urgence vitale +++
HYPERKALIEMIE K+ > 5,5 mmol/l ACR imprévisible ! Scope et ECG +++ • Le plus souvent, découverte de laboratoire • Rarement, signes cliniques : paresthésies • Quelquefois, trouble grave du rythme cardiaque : TV/FV • Toujours, urgence thérapeutique +++ si signe de gravité
Signes de gravité ( Réanimation ou USI) : • K+ >7,5 mmol/l • Rapidité d’apparition • Hypocalcémie • Anomalies ECG (depuis l’onde T ample, pointue et symétrique, jusqu’à la TV/FV et l’asystolie) • Etiologies principales : Insuffisance rénale, acidose métabolique, syndrome de lyse cellulaire (crush syndrome, chimiothérapie…) Tachycardie ventriculaire Fibrillation ventriculaire
TRAITEMENT • Supprimer les apports de K+ (perfusion) • Antagonisation Protection myocardique gluconate de calcium 10% (10 ml en IVL 3 min, renouvelable) • Transfert intra-cellulaire : • Sérum Glucosé 10% 500 ml + 10 UI d’Actrapid (ou G30%+30 UI si VVC) en 1 heure. • Bicarbonate de sodium 8,4% ( 50 à 100 ml) sur VVC (sinon 1,4%, 500 ml), en 15 min. • Elimination du K+ : • hyperhydratation et diurétiques de l’anse (en absence d’obstacle sur les voies excrétrices) : furosémide (Lasilix) 40 – 80 mg IVD • résines échangeuses d’ions (Kayexalate) per-os, ou dans la sonde gastrique (30g) ou en lavement (60g). Délai d’action = 1 à 2 heures, • épuration extra-rénale : efficace mais procédure longue et seulement en milieu spécialisé
HYPOKALIEMIE K+ < 3,5 mmol/l ACR possible ! Scope et ECG +++ • Le plus souvent, découverte de laboratoire • Rarement, signes cliniques : iléus paralytique, constipation, parésie voire paralysie • Quelquefois, trouble de la conduction puis du rythme cardiaque (Onde U, ESV, ACFA, torsade de pointe, TV/FV possible) • Toujours, urgence thérapeutique si signe de gravité
Signes de gravité ( Réanimation ou USI) : • K+<2,5 mmol/l • Tt digitalique • Terrain de cardiopathie ischémique • Anomalies ECG (de PR, aplatissement de l'onde T ou sous-décalage, apparition d'une onde U) • Etiologies principales :carence d’apport, pertes digestives (diarrhée…), pertes rénales (diurétiques…), transfert intra-cellulaire du K+ (insuline, salbutamol IV…) Extrasystole ventriculaire arythmie complète pas fibrillation auriculaire
TRAITEMENT • Tt étiologique • Hypokaliémie modérée : apport per os de KCl (sirop de gluconate de K+, Kalérorid®…) • Hypokaliémie sévère : hospitalisation en USI et surveillance scopée. Apport de KCl par voie veineuse centrale : 1 à 1,5 g/h PSE
PLAN • INTRODUCTION (définitions) • L’EAU • LE SODIUM • LE POTASSIUM • LE pH : régulation et désordres acido-basiques
Soude caustique base sang neutre Eau pure acide Café noir Tomates Vin Jus de citron Liquide gastrique pH = potentiel Hydrogène Le pH exprime la concentration en ion H+ (pH = -log [H+]) • l’eau pure a un pH neutre = 7 • un acide est une molécule qui donne des ions H+ : pH varie de 1 à 7 • une base est une molécule qui accepte des ions H+ : pH varie de 7 à 14 Acide chlorhydrique
L’alimentation (et principalement les protéines comportant des acides aminés soufrés AA-S) et le fonctionnement cellulaire (production de CO2) aboutissent à une production nette d’acides sous forme d’H+. AA-S + H2O H2SO4 (acide sulfurique) 2 H++ SO42- CO2 + H2O H2CO3(acide carbonique) H++ HCO3- Pourtant, pour un sujet normal, le pH artériel est maintenu dans d’étroites limites : 7,40 ± 0,02
Sang : H+ Urines: NH4+, H2PO4- Dans des conditions normales, le maintien du pH est assuré par • L’élimination des H+ rôle du rein • L’élimination du CO2 rôle du poumon (ventilation alvéolaire)
Dans certaines situations pathologiques, le pH est anormal pH < 7,35 0 Par augmentation de [H+] = acidose métabolique 0 Par augmentation de [CO2] = acidose respiratoire (ou ventilatoire) pH > 7,45 0 Par augmentation de [HCO3-] = alcalose métabolique 0 Par diminution de [CO2] = alcalose respiratoire (ou ventilatoire)
Etiologies • Acidose métabolique : • Gain d’acides (H+) : acido-cétose diabétique, insuffisance rénale, acidose lactique (états de choc), intoxication alcoolique grave • Perte de bases (HCO3-) : diarrhée profuse, perfusion importante de sérum physiologique (dilution) • Acidose respiratoire : toutes les causes d’hypoventilation alvéolaire • Alcalose métabolique (rare) :perfusion excessive de bicarbonates, alcalose de contraction (par déshydratation extra-cellulaire) • Alcalose respiratoire :toutes les causes d’hyperventilation alvéolaire
Dans ces situations pathologiques, vont intervenir plusieurs systèmes de contrôle de façon à limiter les variations de pH sanguin (et cellulaire) : • Le rein • Le poumon • Les systèmes tampons, en attendant l’efficacité maximale des deux premiers. Un système tampon est un système de neutralisation des ions H+ en cas d’excès ou de production d’ions H+ en cas de déficit, et dont le but est de maintenir le pH dans des valeurs normales (7,4).
Les systèmes tampons : • Osseux ( carbonates et phosphates de calcium) • Intra-cellulaires • protéines (en particulier l’hémoglobine dans les hématies), • phosphates • Extra-cellulaires • protéines (en particulier l’albumine dans le sang), • bicarbonates
Exemple : en cas d’acidose métabolique (trop d’ions H+, les capacités du rein sont dépassées) …
Tampons intra-cellulaires H+ K+(acidose hyperkaliémie) Phosphates Hémoglobine hématies
Rein : Production de bicarbonates HCO3- H2CO3 H2O + CO2 Poumon : Elimination du CO2 (hyperventilation compensatrice) Tampons extra-cellulaires H+ Albumine
Tampons osseux H+ H+ carbonate et phosphate de calcium
TRAITEMENT • Avant tout et toujours, Tt étiologique ! • Acidose métabolique : indication de la perfusion de bicarbonates • perte vraie de HCO3-, c à d rarement : diarrhée, fistule digestive, acidoses rénales PO par Eau de Vichy, Célestin, Badoit... • acidose grave avec pH< 7,2 et défaillance circulatoire ( réactivité vasculaire) : IV, 1 mEq/kg • HCO3- molaire (8,4%), semi-molaire (4,2%) : VVC • isotonique (1,4%) : VVP • inactivent les catécholamines ! VV différentes !