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  1. La crise économique : Pourquoi ? Comment la contrer ? Marc Bonhomme Café-rencontre ATTAC-Montréal 16 avril 2008

  2. Le spectre de la grande crise

  3. Questions • Quelle crise ? • Une crise profonde comme celle de 1929-1933 ? • Une crise étasunienne ou mondiale ? • Comment contrer la crise ? • Augmenter le pouvoir d’achat par la baisse d’impôts ? • Les entreprises et les riches vont plutôt davantage spéculer. • Financer les dépenses publiques par la hausse des impôts des entreprises et des riches ? • Ok, mais la crise baisse relativement plus leurs revenus. • Faire plus d’autoroutes et de barrages ? • Et la crise écologique, qu’en fait-on ?

  4. Grande Guerre Grande crise « Trente glorieuses » Ère néolibérale Décroissance tendancielle du PIB Guerre froide Décennie bénie Entre deux Traitement de choc Néolibéralisme guerrier Crise de la new economy 2 Guerre de Corée Guerre du Vietnam Réarmement reaganien Guerres du pétrole Bush père et fils : Croissance négative Tendance PIB Crise et crise

  5. Pourquoi la stabilisation d’après-guerre ? Examinons chaque facteur un à un Facteur de fond • La guerre permanente, froide et chaude • Le pétrole bon marché due à la guerre Facteur d’appoint • Le « partage » des gains de productivité • L’hyper-endettement généralisé ou la financiarisation

  6. Ère néolibérale « Trente glorieuses » Dépenses militaires

  7. Pourquoi la stabilisation d’après-guerre ? Facteur de fond • La guerre permanente, froide et chaude • Le pétrole bon marché due à la guerre Facteur d’appoint • Le « partage » des gains de productivité • L’hyper-endettement généralisé ou la financiarisation

  8. Le pétrole bon marché Décennie 1990 La première guerre du Golfe a consolidé l’hégémonie des ÉU suite à l’effondrement de l’URSS en ramenant le prix du pétrole à presque son niveau d’avant 1973

  9. Pourquoi la stabilisation d’après-guerre ? Facteur de fond • La guerre permanente, froide et chaude • Le pétrole bon marché due à la guerre Facteur d’appoint • Le « partage » des gains de productivité • L’hyper-endettement généralisé ou la financiarisation

  10. Pourquoi cette remontée? Le « partage » de la productivité s’est arrêté net avec l’offensive néolibérale Stagnation salariale mais…

  11. La crise des trente glorieuses …productivité positive Le néolibéralisme a rétabli aux ÉU la productivité du travail des « trente glorieuses ». En baissant le taux de chômage au niveau des années 60, il a ramené à la surface la question salariale. Une crise « règlerait » ce problème

  12. Le revenu familial croît malgré tout grâce au travail des femmes et à l’allongement du temps de travail Déconnexion productivité-revenu

  13. Pourquoi le « partage » de la croissance de la productivité • La peur du retour de la grande crise et même d’une « troisième guerre mondiale atomique » • La peur de la révolution (Europe de l’Est, France, Italie, Chine, Corée, Vietnam, Algérie, décolonisation) • La combativité ouvrière dans les pays impérialistes (1937-1947) Les « trente glorieuses » s’expliquent par le rapport de forces mondial entre les classes sociales déformé par la rivalité entre la « démocratie » (le capitalisme) et le « communisme » (le stalinisme)

  14. Pourquoi l’échec des « trente glorieuses » Facteur essentiel La chute du taux de profit

  15. Chute et remontée du taux de profit dans les pays impérialistes Taux de profit Reproduit de Michel Husson, INPRECOR, janv.-fév. 2008

  16. Pourquoi l’échec des « trente glorieuses » Facteur essentiel La chute du taux de profit Facteurs d’appoint • La crise écologique (pollutions, consumérisme) • La crise de la dette du tiers monde (1982) • La crise des genres (avortement, double journée) • La crise nationale (néo-colonialisme) • La crise de l’alternative (mai 1968) • Les directions syndicales ont renoncé au socialisme

  17. Pourquoi la stabilisation d’après-guerre ? Facteur de fond • La guerre permanente, froide et chaude • Le pétrole bon marché due à la guerre Facteur d’appoint • Le « partage » des gains de productivité • L’hyper-endettement généralisé ou la financiarisation

  18. La dette : un amplificateur  causeUn exemple simple • Un revenu de 50k et un service de la dette de 20% • Un taux d’intérêt de 10% et un taux d’épargne nul Le revenu croît de 2000 (2k) l’an   du PIB… • ...de 5600 [4k (nlle dette) + 1600] l’an 1, puis 1.6k • …,sans emprunt, de 2k l’an 1, puis de 2k l’an • …,si emprunt total, de 20k l’an 1, puis de 0 l’an Le revenu croît de "slment" 1k l’an   du PIB… • …de 2800 [2k (nlle dette) + 800] l’an 1, puis 800 • …,sans emprunt, de 1k l’an 1, puis de 1k l’an • …,si emprunt total, de 10k l’an 1, puis de 0 l’an

  19. Croissance 0  capitalisme • Sans croissance, les profits ne peuvent s’investir. • S’il ne s’agissait que de maintenir l’industrie de la construction et des équipements/machinerie, le renouvellement du prêt pourrait suffire. • Mais le cycle du capital suppure, au-delà de l’amortissement, le profit qui doit s’accumuler à cause de la loi de la concurrence. Il ne suffit pas de remplacer le prêt, il en faut un nouveau L’équilibre capitaliste : Une bicyclette qui doit rouler de plus en plus vite même si c’est à taux d’accélération constant

  20. La logique des « attentes » : Croc « Qui dit croissance, toutefois, dit attentes du marché » • « …pour envoyer «un signal aux marchés […], ils ont "flushé" le Québec. • « Alors que les revenus se chiffraient à 14 millions en 2002, ils étaient de 350 millions en 2006, puis de 850 millions l'an dernier, générant du coup 168 millions de profits. • « …pourquoi diable une entreprise en pleine croissance voudrait fermer une usine… • « les revenus du troisième trimestre, bien qu'ils aient carrément doublé en un an, risquent de décevoir les analystes. Ceux-ci attendaient 258 millions, mais l'entreprise avait généré seulement 256 millions. De plus, leur dit-elle, les ventes de 2007 allaient finir autour de 820 millions, en deçà des 830 millions que prévoyaient certains analystes. » Le Devoir, 16 avril 2008 (la une) Les larmes de crocodiles du ministre « C'est un beau cas de capitalisme sauvage »

  21. Facteurs de croissance Examinons chaque facteur un à un • Facteurs de croissance : • Croissance de la population • Croissance du salaire réel • Faux facteurs de croissance • Exportations nettes • Boom d’investissement (Exemple du New Deal) • Mais la loi de la concurrence oblige la hausse de la productivité, facteur de chômage

  22. Population à la baisse non seulement pour les pays riches Plus précisément, la croissance dépend de celle de la population active qui dépend ultimement de celle de la population totale

  23. Facteurs de croissance • Facteurs de croissance : • Croissance de la population • Croissance du salaire réel • Faux facteurs de croissance • Exportations nettes • Boom d’investissement (Exemple du New Deal) • Mais la loi de la concurrence oblige la hausse de la productivité, facteur de chômage

  24. Stagnation salariale

  25. Facteurs de croissance • Facteurs de croissance : • Croissance de la population • Croissance du salaire réel • Faux facteurs de croissance • Exportations nettes • Boom d’investissement (Exemple du New Deal) • Mais la loi de la concurrence oblige la hausse de la productivité, facteur de chômage

  26. Le marché « global » intègre les marchés nationaux • Le marché international traditionnel était une collage de marchés nationaux, d’où des solutions nationales… aux dépens des autres • Le marché global a mondialisé la production manufacturière et les TIC (ex. série C de Bombardier) • Il est en voie d’unifier le marché du travail sur la norme chinoise et indienne La stratégie des exportations nettes (exportations – importations) ne peut que se faire au détriment des salaires et conditions de travail et/ou du pillage des ressources et de la nature La meilleure technologie est vite mondialisée au sein de la transnationale L’égoïsme national patronal-syndical devient impossible

  27. Facteurs de croissance • Facteurs de croissance : • Croissance de la population • Croissance du salaire réel • Faux facteurs de croissance • Exportations nettes • Boom d’investissement (Exemple du New Deal) • Mais la loi de la concurrence oblige la hausse de la productivité, facteur de chômage

  28. Les pays militaristes (Axe) URSS L’abandon de l’étalon-or par la Grande-Bretagne puis par les ÉU, d’où une politique monétaire laxiste. La GB renonce à être la grande puissance hégémonique. Les ÉU n’en sont pas encore capables. Prise du pouvoir nazi Les ÉU entraînent l’Allemagne qui dépendait de la finance étasunienne. En termes de croissance, les pays autoritaires s’en tirent mieux

  29. La dépression, aux ÉU, a persisté jusqu’à la guerre Le « New Deal » n’a pas résolu la dépression, ce que sont parvenues à faire les dépenses de guerre. Il n’explique que partiellement la demi-sortie de la crise en 1933 dont la cause principale est la renonciation à l’étalon-or, c’est-à-dire la politique monétaire laxiste. Aujourd’hui, le laxisme monétaire est appliqué dès « 1928 ». L’hégémonie est garantie par le financement mondial du déficit externe des ÉU, comme on le verra.

  30. La grande crise au Canada Le déficit public finance le maintien des dépenses publiques malgré la baisse des entrées fiscales, non leur augmentation PNB, La crise, au Canada. est profonde et la dépression, longue Effondrement des investissements privés

  31. Crise New Deal Guerre Seule la guerre mobilise le capital Plan Marshall

  32. Le « New Deal » : légende urbaine • Le tournant de 1933 est dû à l’abandon de la politique monétaire restrictive pour défendre l’étalon-or abandonné par l’Angleterre en 1931 • La politique de déficit budgétaire a soutenu la reprise amorcée sans sortir le pays de la dépression • Le New Deal a régulé des syndicats plus combatifs • La planification de 1ère guerre a inspiré le New Deal • La crise de 1938 a révélé l’échec du New Deal • Les pays autoritaires et militaristes se sont sortis de la dépression plus vite • Seul la préparation à la guerre a réglé la dépression

  33. Facteurs de croissance • Facteurs de croissance : • Croissance de la population • Croissance du salaire réel • Faux facteurs de croissance • Exportations nettes • Boom d’investissement (Exemple du New Deal) • Mais la loi de la concurrence oblige la hausse de la productivité, facteur de chômage Dans les pays impérialistes, l’hyper-endettement généralisé néolibéral est un substitut à la stagnation salariale et au vieillissement de la population tout en étant un moyen de pression pour hausser la productivité (rationalisation, coupures, soumission)

  34. Déconnexion dette-économie Depuis le début de l’ère néolibérale, la dette totale interne des ÉU croît beaucoup plus vite que le PIB • Cette dette interne est celle des 3 secteurs qui sont 4 • Gouvernements • Entreprises non financières • Entreprises financières • Ménages

  35. C’est le privé qui surtout s’endette ? ?

  36. Le secteur financier s’endette relativement encore plus…

  37. … pour s’enrichir davantage Le passif du capital financier n’est plus principalement les dépôts à vue et à terme mais les créances du marché financier Lors d’une crise, les profits chutent drastiquement mais les dettes restent Garantie gouvernementale mais possibilité de gel et de dévaluation (Russie, Argentine)

  38. Les entreprises non-financières de plus en plus débitrices… …et durant le boom de la « New Economy » sauf durant les années 60…

  39. L’intermède du « New Economy » Les années 60 …d’où chute des investissements Le tournant puis l’échec de la « New Economy » ou l’illusion des « dividendes de la paix » Suite à l’effondrement de l’URSS, les premières années de la présidence Clinton donnèrent la priorité à la compétitivité et non au recours à la guerre (« It’s the economy, stupid » de l’élection de 1992). La crise asiatique de 1997 menaçant l’économie mondiale, les ÉU devinrent l’acheteur de derniers recours, ce qu’il fallait financer, et le déversoir des capitaux en fuite. La finance se réimposa. La guerre redevint le moyen principal de l’hégémonie.

  40. Le taux d’endettement des ménages s’accélère après la crise de la « New Economy » La dette des ménages a relativement doublé

  41. Le service de la dette croît malgré la chute des taux d’intérêt Le haut niveau d’endettement des ménages rend leur consommation très sensibles à une hausse des taux d’intérêt donc à l’inflation…

  42. … d’autant plus que le taux d’épargne est devenue négatif L’évolution du taux d’épargne personnelle calque celui du salaire Pourquoi ?

  43. L’inégalité des années folles revient Comme seul le centile supérieur s’est enrichit depuis 1980, et quelque peu le décile supérieur, les autres 99% ou 90% ont dû épargner moins et emprunter plus pour maintenir leur niveau de vie

  44. Le tournant du marché immobilier date de bien avant la mi-2007 Plus question d’emprunter sur la base de la plus-value immobilière « L’effet de richesse » positif des « classes moyennes » devient négatif

  45. 14 avril : 12 300 Pourquoi épargner si on s’enrichit en dormant… mais « L’effet de richesse » positif des classes riches stagne.

  46. Déconnexion dette-économie • 3 secteurs qui sont 4 • Gouvernements • Entreprises non financières • Entreprises financières • Ménages Manque un secteur crucial

  47. Sous Reagan, les ÉU rompent l’équilibre extérieur pour casser le prolétariat et les pays dépendants. Mais ils restent capables de rétablir l’équilibre. Les ÉU manipulent leur déficit extérieur pour fin politique Après la brusque hausse du taux d’intérêt à court terme de 1980, le gouvernement Reagan, en 1985, le baisse abruptement tout en imposant la baisse du dollar à ses partenaires du G5 (Accord du Plaza)

  48. Stagflation (crise des trente glorieuses) Coup de force de la Banque centrale des ÉU Coup d’État de la « FED » Taux d’intérêt réels négatifs Ligneblanche : inflation Ligne bleu : taux d’intérêt réel Ligne rouge : taux de change du dollar US

  49. Sous Reagan, les ÉU rompent l’équilibre extérieur pour casser le prolétariat et le tiers monde Mais ils restent capables de rétablir l’équilibre. Après 1990, les ÉU perdent le contrôle de leur déficit extérieur Reste l’hégémonie militaire qui court à l’échec Après la brusque hausse du taux d’intérêt à court terme de 1980, le gouvernement Reagan, en 1985, le baisse abruptement tout en imposant la baisse du dollar à ses partenaires du G5 (Accord du Plaza) L’incapacité de réguler l’équilibre extérieur = l’échec du clintonisme ou des « New Democrats »

  50. Le taux d’intérêt réel court terme se stabilise à ± 3% sauf récession où il reste + ou légèrement --. Mais il devient très – en 2003-05 pour replonger à la mi 2007. Stagflation (crise des trente glorieuses) Coup de force de la Banque centrale des ÉU Le taux d’intérêt redevient négatif Taux d’intérêt réels négatifs Le dollar n’a jamais baissé aussi bas alors que la dette extérieure n’a jamais été aussi haute. Ligneblanche : inflation Ligne bleu : taux d’intérêt réel Ligne rouge : taux de change du dollar US